Repentigny, le 13 octobre 2019 –   La députée sortante du Bloc Québécois dans Repentigny, Monique Pauzé, a laissé savoir que son parti entend réclamer un droit de veto pour le Québec lorsque le gouvernement veut éviter la déportation de demandeurs d’asile, ainsi que des moratoires des expulsions vers des pays où la sécurité des personnes est menacée.

« Le traitement des demandeurs d’asile par le gouvernement fédéral manque franchement de cœur. Le Bloc Québécois réclame un droit de veto pour le Québec lorsqu’Ottawa veut déporter des personnes parfaitement intégrées au Québec à la suite d’années de délais de traitement de leurs dossiers. Nous exigeons aussi qu’Ottawa cesse d’expulser des familles vers des pays où leur sécurité est clairement menacée, comme c’est actuellement et scandaleusement le cas avec les Haïtiens », a déclaré Monique Pauzé.

La députée bloquiste a rappelé que si le dossier de Roraima Sanchez Dias a eu une fin heureuse à Repentigny après près de dix ans, cette dernière a fait l’objet d’une arrestation de l’agence des services frontaliers, elle a vécu des moments d’angoisses terribles et elle a même dû se barricader dans une église pour éviter sa déportation au Venezuela.

Monique Pauzé cite également le cas de la jeune Leony Pavithra Lawrence et sa famille, expulsés du Québec en 2017 contre le gré du Québec après que le fédéral ait refusé leur demande d’asile cinq ans après leur arrivée à Montréal. Le gouvernement du Québec avait exceptionnellement délivré son certificat de sélection à la famille pour tenter d’éviter sa déportation, sans réussir à émouvoir le gouvernement Trudeau. Le Bloc Québécois réclame d’étendre les pouvoirs discrétionnaires des ministres canadiens de l’Immigration et de la Sécurité publique à leurs homologues du Québec pour retarder ou annuler toute décision d’expulsion de gens résidant au Québec.

« Ce droit de veto pour le Québec permettrait d’éviter des drames complètement inutiles. Par ailleurs, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, le Québec est bien mieux placé qu’Ottawa pour déterminer s’il faut bel et bien expulser certains citoyens parfaitement intégrés à la société québécoise à cause de tracasseries administratives », a fait valoir Mme Pauzé.

Le Bloc Québécois réclame également que le gouvernement fédéral cesse d’expulser des personnes vers des États où leur sécurité est en péril. Monique Pauzé a souligné le cas d’Haïti, plongé dans un conflit majeur ayant fait des victimes depuis une révolte l’hiver dernier contre le gouvernement de Jovenel Moïse et vers où le Canada continue d’émettre des avis de déportation, malgré les demandes répétées de moratoire de la part du Bloc Québécois.

« Le gouvernement fédéral a le devoir moral, minimalement, de ne pas intervenir de manière à mettre la vie des gens en danger. Ottawa doit retarder la déportation de familles vers des situations de crise où elles ne sont visiblement pas en sécurité. C’est franchement désolant de même avoir à le réclamer, ça devrait être automatique et c’est regrettable que le fédéral fasse passer ses considérations bureaucratiques avant toute forme d’empathie et d’humanité », a conclu Monique Pauzé.