Des enjeux qui nous ressemblent…

Monique Pauzé, députée de Repentigny et porte-parole du Bloc québécois en matière de condition féminine, a convié une quarantaine de femmes de sa circonscription à un dîner-conférence afin d’échanger sur les enjeux que les femmes souhaitent voir aborder lors de la prochaine campagne électorale.

Lors de cet événement en trois volets (conférence, discussion et recommandations) les participantes ont pu entendre la sociologue Nicole de Sève avec qui elles se sont penchées sur différents thèmes comme :

  • L’environnement
  • Le contrôle du corps des femmes (avortement)
  • La parité dans les instances gouvernementales
  • L’autonomie économique des femmes (retraite, assurance-emploi, équité salariale)
  • La ratification des conventions internationales.

La rencontre d’aujourd’hui m’aidera à porter la voix de mes commettantes au sein de ma formation politique, a fait valoir Monique Pauzé. Certaines veulent un resserrement des lois portant sur les crimes commis contre les femmes et d’autres voir les partis politiques présenter autant de candidates que de candidats. Plusieurs souhaitent plus d’investissements dans les logements sociaux puisque les femmes sont les plus nombreuses à avoir des besoins criants quand vient le temps de se loger et de joindre les deux bouts. Fait étonnant, de nombreuses femmes ont été très surprises d’apprendre que les travailleuses québécoises ne sont pas toutes égales et qu’elles ne jouissent pas toutes des mêmes droits.

En effet, lorsque l’on parle de retrait préventif, il existe deux catégories de Québécoises enceintes. Nous nous retrouvons avec un exemple flagrant illustrant la différence de traitement entre les Québécoises qui travaillent des entreprises sous juridiction fédérales et les autres québécoises.

On estime qu’il y a environ 250 000 travailleuses québécoises dans des entreprises sous juridiction fédérale qui sont donc assujetties au Code canadien du travail. Au Québec, ces travailleuses ne sont pas couvertes par la CNESST pour les retraits préventifs et Ottawa n’a aucun programme de compensation.

En conséquence, chaque semaine prise en retrait préventif par une travailleuse dans un emploi de compétence fédérale lui accorde 55% de son salaire et ampute d’autant son congé de maternité, situation qui déresponsabilise les employeurs et oblige trop de femmes à demeurer en emploi aux dépens de leur santé et de celle de leur enfant.

Si cet enjeu est important, celui de l’équité salariale est également primordial pour la députée et les citoyennes de Repentigny.

Équité salariale

En 2004, un rapport d’un Groupe de travail fournissait un plan d’action afin que le gouvernement fédéral concrétise son engagement relatif à l’égalité des sexes et à l’égalité de rémunération, a rappelé Mme Pauzé. Or, si les libéraux avaient agi dès la réception du Rapport du groupe de travail sur l’équité salariale qu’ils avaient eux-mêmes commandé, nous ne serions pas aujourd’hui coincés avec ce débat qui démontre une chose : les libéraux sont progressistes dans l’opposition. Arrivés au pouvoir, ils se traînent les pieds et prônent le statu quo. Quant aux conservateurs qui n’ont rien fait depuis 2004, ils sont misogynes tout le temps.  On se rappellera que M. Harper, alors premier ministre avait qualifié la Loi sur l’équité salariale de loi ridicule.

Un autre comité spécial a été formé en 2016. Le titre du rapport est explicite : Il est temps d’agir.

Qu’a fait le gouvernement Trudeau qui s’autoproclame féministe? Il a repoussé toute mesure jusqu’en 2018.

Soulignons qu’au Québec, la Loi sur l’équité salariale date de 1996 et s’applique à l’ensemble des milieux de travail. Cette question est pratiquement réglée chez nous. Elle ne l’est pas complètement simplement parce que des travailleuses québécoises relèvent encore du Code canadien du travail.

Force est de constater que ce principe d’équité, fondamental au Québec, ne l’est pas au fédéral , a conclu Mme Pauzé.